Interview de Sébastien VAUDEVILLE

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Interview de Sébastien VAUDEVILLE

L'UNAF VOSGES continue de vous faire découvrir


chaque mois un de ses membres


Pour ce mois d'Avril 2014


Nous avons pris contact avec Sébastien VAUDEVILLE,


arbitre fédérale 4 et adhérent de l'UNAF vosges.


 


Bonjour Sébastien, Alors pour les arbitres Vosgiens qui ne t’auraient pas encore croisés en réunion ou sur les terrains pourrais-tu nous parler un peu de toi et te présenter ?

S.V. : D’un point de vue personnel j’ai 30 ans je suis marié et j’ai deux enfants de 6 et 3 ans. J’habite à Arches où nous avons une maison depuis 7 ans. Je suis un grand passionné de sport en tout genre et un grand curieux. D’un point de vue professionnel, je suis banquier pour la Banque Populaire depuis 8 ans où je m’occupe des comptes d’artisans et de petites entreprises au sein de la Cité de l’Artisanat et de l’Entreprise d’Epinal.


Parles nous un peu de ton parcours dans l'arbitrage. Te souviens tu de ton 1ier match en tant qu'officiel et peux-tu nous décrire les souvenirs qu'il t'en reste?

S.V. : J’ai commencé l’arbitrage par hasard à 16 ans au moment où j’ai dû faire un choix difficile entre le football et la course à pied. J’ai choisi la course à pied mais j’ai rapidement senti un manque. Mon coach et le président du club du FC Granges, Monsieur Jean Carrara, m’ont proposés l’arbitrage. J’ai essayé et ça m’a plu tout de suite. J’ai passé l’examen au district des Vosges et j’ai arbitré mon premier match début 2000. C’était un Bruyères-Cheniménil en 15 ans. Je me suis régalé et mis mon  tout 1er avertissement au défenseur central de Bruyères. Je m’en souviens comme si c’était hier.


Quelles sont tes motivations pour arbitrer tous les week end ?

S.V. : Je suis un passionné, l’arbitrage me permet d’exprimer plusieurs de mes qualités. Il y a l’aspect physique cumulé avec le management des joueurs, des assistants, du délégué, les rapports avec les dirigeants. Je vois du pays, des beaux stades, de belles ambiances. Il y a également la pression qu’impose notre job. On est au cœur du jeu, un bon arbitre est avant tout un arbitre au service du jeu, qui sent le jeu mais aussi, est de plus en plus, un bon communicant


Comment te prépares tu pour tes matchs ?Il y a t'il une grande différence entre la CFA et la CFA2?
S.V. : Une désignation tombe 12 jours avant le match. Quand elle tombe, je prépare mon déplacement (voyage, hôtel si nécessaire, organisation professionnelle) et j’ajuste mon entraînement. Je travaille avec Nicolas JEUDY, un préparateur que je connais bien qui vient de l’athlétisme et du triathlon, diplômé de l’école de préparation physique de Dijon et grand passionné de sport comme moi. On discute des plans en fonctionnant par cycles de 4 semaines que l’on ajuste en fonction de mes objectifs, de mes sensations et des échéances. Il y a un écart entre le CFA 2 et le CFA dans l’engagement physique et dans la structure des clubs. En CFA il y a beaucoup de réserves pros et les équipes amateurs sont aussi très organisées. C’est indispensable parce que c’est l’antichambre du monde pro pour certains.


D'après toi, que demande t on à un arbitre aujourd'hui et quel est la clé de la réussite dans l'arbitrage? Quel conseils pourrais tu donner à un jeune qui hésite aujourd'hui à se lancer dans l'arbitrage ?
S.V. : Je le redis, un bon arbitre c’est un arbitre qui est partenaire du jeu, qui sent le jeu et qui arbitre pour le jeu. C’est aussi aujourd’hui un bon communicant qui fait attention à son image de partenaire du sport qu’il pratique. On n’arrive pas en haut par hasard, il y a des étapes à franchir, il faut être patient, attentif, curieux et accepter que certains soient plus doués que d’autres. Mais, comme dans la vie, il faut être ambitieux, se donner les moyens sans se fixer de limite (elles se fixent naturellement) pour ne pas avoir de regret. Et il faut surtout prendre plaisir. L’arbitrage c’est l’école de la vie, on y retrouve notre société.


Quel est ton meilleur souvenir dans l'arbitrage ?

S.V. : J’ai rencontré beaucoup de personnes très intéressantes (des arbitres, des dirigeants, des joueurs, des formateurs), j’ai arbitré dans de grands stades, dans de belles ambiances. Humainement j’ai beaucoup de bons souvenirs. Sportivement aussi ! Surtout un match Allemagne-Italie en 17ans où j’avais fait le déplacement avec Alain Sars (coach perso) dans un stade allemand de 5 000 personnes qui était pleins. C’était incroyable, j’ai passé une journée inoubliable. Le match a été d’une intensité que je n’avais jamais connu, j’ai dû mettre 10 coups de sifflets coups d’envois compris. Le resto d’après match avec mes jeunes assistants allemands était passionnant. Nous écoutions, comme des gamins, Alain nous raconter ses matchs à Milan ou Barcelone. Et un petit débrief du match en rentrant, que demandé de plus ?


As-tu une référence ou une idole dans l'arbitrage?
S.V. : Je n’ai pas d’idole ni de référence comme dans la vie. Je prends chez les autres chaque fois que quelque chose me parait intéressant et je remets à ma sauce. Je suis très attentif à ce qui m’entoure. Par contre j’ai du respect pour les gens qui le mérite. Les gens qui m’ont formé par exemple. Ils ont donné du temps et de l’énergie pour que je progresse. Des Hervé BOILLOT, des Dédé ITHIER, des Bernard PETRY et plein d’autres qui s’investissent. Ils méritent tout notre respect. Et ils ont le mien.


Eprouves tu des difficultés à concilier ta vie familiale professionnel et d'arbitre ?
S.V. : J’étais déjà arbitre quand j’ai connu ma femme. Elle comprend que ma passion demande du temps. J’ai expliqué à mes enfants que certaines de mes activités nécessitaient que je sois absent de la maison. J’ai réussi jusqu’à maintenant à organiser ma vie professionnelle pour me permettre de faire les déplacements et de m’entraîner. J’explique à mes patrons que je suis arbitre fédéral et que ça demande du temps. Les gens sont curieux et valorisent notre fonction. Un arbitre est perçu comme quelqu’un de responsable et comme une personne de confiance. Après, je cloisonne mes émotions. Chaque activité ne doit pas influencer émotionnellement une autre. Un mauvais match ne doit pas faire de moi un mauvais père ou un mauvais collaborateur, c’est une règle pour moi.


Depuis combien de temps es tu membre de l'UNAF. Qu'est ce que notre association t'apporte ??
S.V. : Mon club est impliqué dans l’arbitrage et j’ai toujours été adhérent à l'UNAF VOSGES. Je trouve qu’être adhérent est indispensable pour apporter de la convivialité, un esprit de corps et appartenir à une famille.

Le Challenge de l'Unaf Lorraine anciennement nommé FEDERSPIEL va se disputer à Golbey cette année. Parle-nous de tes participations à ces challenges annuels ? Qu'est-ce que cela t'a procuré ? Comptes-tu retrouver prochainement l'équipe de Football UNAF VOSGES ?
S.V. : Ça c’est aussi de supers souvenirs. Plusieurs fois on est passé tout près de la victoire mais qu’est-ce qu’on s’est marré. Avec Benoît particulièrement parce qu’on n’aime pas perdre, alors on se donnait à fond. Et ça chambrait pas mal aussi. Encore aujourd’hui on en parle avec Ben, je lui rappelle le nombre de but que j’ai marqué et le nombre de péno qu’il a manqué (il a vraiment bien fait de rester arbitre !!!! (rire)). Donc si la sélection n’est pas bouclée, je postule et je viendrai si j’en ai la possibilité. On est chez nous, le trophée doit rester en terre vosgienne.


 equipe de foot unaf
                                                                                                     Equipe de football UNAF vosges
Tu es venu récemment avec Benoît BASTIEN, le CTRA, parler de l'arbitrage de haut niveau et de ton parcours aux Jeunes Arbitres vosgiens. As-tu ressenti des sensations particulières d'être de l'autre côté de la table lors de cette formation ?

S.V. : On a vraiment envie de rendre ce que l’arbitrage nous a apporté. C’est un plaisir de retrouver nos formateurs et de voir les jeunes talents de notre district. Quand on était plus jeunes, on adorait tous voir des arbitres fédéraux venir nous parler. On picorait leur façon d’appréhender un match, d’arbitrer. C’est important pour comprendre que tout est possible.

L’ an prochain, suite à la proposition de Benoît, tu vas participer et diriger la séance d'entraînement hebdomadaire pour les arbitres Vosgiens. Parle-nous un peu de ce projet ?
S.V. : Benoît a le projet de créer des centres d’entraînement pour réunir les arbitres. Souvent on s’entraîne seul ou à deux. Là il s’agit de réunir tous ceux qui voudront venir sur un site central pour partager un entrainement commun. Benoit prépare la séance et je l’anime pour les Vosges. L’idée est de créer de l’émulation, que les arbitres discutent entre eux pour progresser, partager des points de vue. C’est un entraînement physique mais aussi technique (placement, déplacement) pour progresser ensemble dans un esprit convivial et organisé.

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Tu as commencé l'arbitrage en même temps que ton ami Benoît. Qu'est-ce que cela te fait de le voir sur les grands matchs de Ligue 1 ou encore maintenant sur des matchs Européens ?
S.V. : Benoît est quelqu’un que j’apprécie énormément. Au-delà de l’arbitre, c’est l’homme qui m’intéresse. Nous avons beaucoup de points communs dans notre façon d’être et de penser. C’est un ami très proche et de longue date. L’arbitrage nous a réunis, soudés et nous nous sommes liés d’une amitié sincère comme des frères. Il mérite son badge FIFA parce qu’il a du talent, il a bossé dur et continue de le faire. Il a compris que rien n’étais jamais acquis. Il a su saisir les opportunités présentées. Il est aussi fort mentalement que physiquement et reste quelqu’un de simple. Il a été bien éduqué, il est intelligent parce qu’il comprend comment son environnement évolue et comment il doit adapter son arbitrage. Il est une chance pour notre ligue.Ce n’est pas de le voir arbitrer au Vélodrome ou au Parc des Princes qui m’intéresse c’est de voir qu’il reste le même capable de parler simplement à un jeune qui débute, d’être sincèrement content de voir nos anciens formateurs ou de chambrer comme toujours quand on met un ballon rond devant nous.

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